Assouplissement quantitatif, crépuscule métaphysique ou crépuscule astronomique ?

On raconte que Crésus, roi de Lydie au Vème siècle avant JC, avait bâti une fortune extraordinaire à partir des sables aurifères de la rivière Pactole. Gageons que nos banques centrales ne succombent pas aux illusions d’une rivière « quantitative » intarissable qui ne ferait qu’enfler leurs bilans …tout comme ceux des banques qui se refinancent auprès d’elles. Avec tous les risques que cela induit : en termes de leverage ratio propre à chaque institution bancaire, mais également en termes d’expositions croisées entre ces mêmes banques.

Le rapport entre le total bilan et les capitaux propres de la plupart de nos banques reste effectivement une donnée majeure pour apprécier leur fragilité.  Certaines d’entre elles alignent à leur passif près de 2000 milliards d’Euros de dettes pour près de 50 à 60 milliards d’Euros de capitaux propres, soit un effet de levier de l’ordre de 33 (30 à 35 en moyenne pour les banques européennes). Ce qui signifie qu’une dépréciation de seulement 3 % de leurs actifs, sans aide de leurs banques centrales, suffirait à engloutir leurs capitaux propres …

Ajoutons à cela l’écheveau d’expositions croisées patiemment construit par nos institutions bancaires européennes et le cocktail devient assez explosif :

A titre d’exemple et d’après une récente étude du FT, les engagements européens des banques françaises s’élèveraient à 1300 milliards €, dont 50 sur l’Irlande, 419 sur l’Italie, 162 sur l’Espagne et 328 sur le Royaume-Uni.

Ceux des banques allemandes s’élèveraient à 1000 milliards d’Euros, dont 139 sur l’Irlande,  154 sur l’Italie, 181 sur l’Espagne et 462 sur le Royaume-Uni.

Ceux de l’Italie, de l’Espagne et du Royaume-Uni s’élèveraient respectivement à 350, 550 et 538 milliards d’Euros.

De quoi provoquer un feu d’artifice de nature à illuminer un crépuscule dédié, non pas aux Dieux, mais au veau d’or.

Gageons cependant qu’il ne s’agisse pas de cet « épouvantable crépuscule métaphysique » dont parlait Valéry Larbaud, fait d’incertitude, de trouble et de déclin. Misons d’avantage sur une lueur d’optimisme teintée de sagesse que nous apporterait un crépuscule astronomique que définit cette période succédant au coucher du soleil tout autant qu’à son lever.

Gilles Bouchard

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