Startup Insiders – UAMB s’attaque à la construction en Bois Basse Consommation

Avec déjà six constructions à son actif, UAMB est une startup qui conçoit et fait la promotion de constructions en Bois Basse Consommation. Ses maîtres mots : opportunisme, répartition des risques, stratégie bien programmée, développement maîtrisé.

La proposition de valeur d’UAMB est très explicite : « Promouvoir un habitat économique durable et confortable pour des prix adaptés au contexte de récession dans lequel nous sommes rentrés ».

Sa cible : les primo-accédants, les étudiants, les résidences de qualité à des prix sociaux. Des produits tous conforme aux règles et principes de l’économie durable.

Un bel exemple de ces startups dont l’agilité et la flexibilité permettent de développer contre vents et marées des business models très opportunistes.

Un business model opportuniste

Se lancer dans la construction civile alors que l’industrie du BTP accuse un ralentissement  qui va probablement s’accentuer, c’est un risque qu’a pris Jean-Louis Patte, un homme de terrain qui a dirigé et créé des entreprise dans des secteurs aussi variés que les nouvelles technologies ou l’immobilier.

Un risque certes, mais un risque bien mesuré, dont le calcul répond à une analyse pertinente des faiblesses de son marché.

UAMB s’est en effet rendu compte que la demande de maisons à ossature de bois était en progression rapide, mais que la moitié de cette demande n’était pas satisfaite ! Les raisons en sont assez simples pour un professionnel bien aguerri. Trois essentiellement :

La fragmentation des acteurs du marché ;

L’insuffisante industrialisation des processus en matière d’assemblage, d’isolation et de pose de murs et cloisons sur les chantiers ;

L’absence de formation labellisée dans ce type de construction.

Fort de ce constat, UAMB s’est doté d’une stratégie d’intégration guidée par le strict bon sens.

Une stratégie d’intégration à double détente

Le premier axe de cette stratégie repose sur l’intégration des acteurs amont de la chaîne de valeur de la construction bois. UAMB a ainsi décidé de reprendre des menuiseries répondant à des critères de sélection bien précis : une partie de l’activité déjà dédiée aux maisons en ossature bois, un chiffre d’affaires supérieur à 2 millions €, des bâtiments et ères de stockage ayant la capacité de recevoir une unité d’assemblage-montage-isolation de murs, une capacité de production de l’ordre de 150 maisons par an et par unité de production.

Six entités de ce type ont d’ores et déjà été ciblées. Une première acquisition est prévue pour 2012.

Ainsi doté des outils permettant d’industrialiser son processus de production, UAMB est à même d’intégrer deux autres maillons se situant aux deux extrémités de la chaîne de valeur de son activité : le processus d’approvisionnement en matière première (le bois) et le processus de livraison sur chantiers. Le périmètre d’exploitation de chaque pôle d’activité ne devant pas dépasser 250 kilomètres, UAMB joue ainsi la carte des circuits courts et de la maîtrise des coûts.

A cela s’ajoute un atout environnemental qui tient au produit lui-même. UAMB s’est en effet spécialisé dans le « contrecollé LVL Lamibois ». Entendez par la un matériau composé de placages de bois contrecollés et dont les fibres sont majoritairement orientées dans le même sens. « Lamibois » étant la désignation française du standard LVL (Laminated Veneer Lumber). Mais ne vous y trompez pas : ce matériau certifié FCBA pour la construction (Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement), présente un une résistance mécanique très élevée, de l’ordre du double d’un bois massif. Sachant par ailleurs que le bois est 12 fois plus isolant que le béton, 350 fois plus que l’acier et 1.500 fois plus que l’aluminium, les économies d’énergies sont au rendez-vous.

Un développement maîtrisé

UAMB a dégagé un chiffre d’affaires de 170 K€ en 2010 et de 360 K€ en 2011.

A périmètre constant, le prévisionnel 2012 devrait être de l’ordre de 1,4 million € pour un résultat de 106 K€, avec 1 million € de précommandes et de commandes déjà enregistrées à ce jour.

Le prévisionnel 2013 devrait atteindre 2,1 millions € pour un résultat de 260 K€.

Dans l’hypothèse d’une acquisition de cinq unités de production et d’assemblage (deux en 2013, et deux en 2014), le chiffre d’affaires prévisionnel 2014 passerait à 11 millions € pour un résultat de 1,8 million €. Il s’élèverait à 20,3 millions € en 2017 pour un résultat de 6 millions €.

Une progression non négligeable en 7 ans d’activité.

Une progression fondée sur une combinaison astucieuse et bien construite de synergies qui font défaut au marché actuel de cette industrie.

Mais surtout, une progression alimentée par autofinancement. Ce qui n’empêchera pas UAMB de  lever éventuellement des fonds pour accélérer sa croissance organique et procéder à d’autres opérations d’acquisition.

Gilles Bouchard

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