Dominique Formhals – Portrait d’un autodidacte entrepreneur de la Région Est

Lauréat 2011 des Victoires des Autodidactes, il n’a pas son bac et c’est justement pour cette raison qu’il a reçu à l’Hôtel de Lassay – résidence du président de l’Assemblée Nationale – cette prestigieuse distinction qui a pour objet de faire reconnaître et d’honorer les performances réalisées par des chefs d’entreprises ou des dirigeants qui n’ont pas bénéficié de l’enseignement supérieur.

24 millions € au bout d’un destin atypique

Son odyssée commence dans un garage strasbourgeois où son père, instituteur, bricole une sorte de ballet aquatique pour la soirée d’une chorale qui chante « Singing in the rain » sous une pluie artificielle… jaillissant d’un tuyau d’arrosage. Remarqué par une agence de spectacle parisienne, la famille accepte un contrat qui la conduit pendant un an à partir en tournée avec le cirque Bouglione ! Deux étapes fondatrices qui exerceront toute leur magie sur l’esprit de Dominique Formhals qui crée les Orgues aquatiques de Strasbourg en 1974, puis, en 1979, la société Aquatique Show International, une entreprise de 24 millions € de chiffre d’affaires qui emploie 31 salariés. Connue dans plus de 70 pays et sollicitée pour les Jeux Olympiques de Shanghai, cette PME s’inspire de la haute couture pour créer des spectacles exceptionnels mêlant jeux d’eau, lumière et musique. Une belle leçon de business reposant sur deux ingrédients essentiels : la fidélité à un produit – l’eau – et la fidélité d’une équipe attachée à son entreprise et à son pilote : tous les salariés sont là depuis 20 ans.

Voilà pourquoi cet homme est lauréat de La Victoire des Autodidactes, un prix créé en 1989 par le Harvard Business School Club de France (association des anciens élèves de la Harvard Business School) et co-organisé avec MAZARS (Groupe international d’audit et de conseil).

Un ADN frappé du sceau de l’entrepreneuriat

Dans un environnement économique et social dans lequel le diplôme est sacralisé et souvent présenté comme la seule porte vers l’emploi et le succès, ce prix montre que la réussite professionnelle est possible sans diplôme, en développant des valeurs d’ambition, de travail, d’effort, d’esprit d’équipe. Dominique Formhals porte cet ADN en lui. C’est un hommes passionné, motivé et curieux de tout. Pragmatique, créatif et surtout bosseur, il s’est construit « sur le tas » dans le respect de valeurs humaines qui lui sont très chères. Prenant des risques là où les autres n’en prennent pas, il est conscient des quelques lacunes dues à une formation écourtée et a appris à bien s’entourer. Ecouter et analyser tout en restant force de proposition est pour lui un moyen simple  et redoutable de décrypter les attentes et les souhaits de ses clients. Sa curiosité, sa créativité, son sens du relationnel et du contact humain, et surtout, sa grande générosité, constituent  sa « marque de fabrique ». Son combat pour l’intégration des travailleurs handicapés en milieu industriel en est une très belle illustration.

Il est comme beaucoup de ces entrepreneurs autodidactes qui pensent à leurs copains restés à la Communale. Ils reconnaissent tous avoir eu beaucoup de chance même s’ils ne disent pas qu’ils font tout pour la solliciter. Leur message aux jeunes en difficulté est très clair : « on peut toujours réussir, même sans diplôme ». Leur vécu de l’image de la France à l’étranger tranche profondément avec l’idée que beaucoup s’en font dans la conjoncture actuelle. Etre entrepreneur français est une chance pour eux. « La France fait envie, elle se vend bien et fait beaucoup rêver, le prix ayant peu d’importance sur les marchés internationaux ». Leur force tient dans des évidences rares, de celles qui permettent de déplacer des montagnes : “aimer, apprendre à aimer et faire aimer”. Et pour avoir transcendé les barrières scolaires et sociales, nombreux sont ceux qui participent à des œuvres caritatives en remerciant ainsi la vie de ce qu’elle leur a donné.

Gilles Bouchard

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