François Berry – Portrait d’un autodidacte entrepreneur Rhône-Alpin

Lauréat 2011 des Victoires des Autodidactes, il n’a pas son Bac et c’est justement pour cette raison qu’il a reçu à l’Hôtel de Lassay – résidence du président de l’Assemblée Nationale – cette prestigieuse distinction qui a pour objet de faire reconnaître et d’honorer les performances réalisées par des chefs d’entreprises ou des dirigeants qui n’ont pas bénéficié de l’enseignement supérieur.

20 millions € au bout d’un destin atypique

Il vient de Thiers et saute tout naturellement de la coutellerie aux emballages médicaux en passant par l’Auvergne et la Chine. Ses études laissent rapidement le pas à sa passion dévorante pour la moto. 25 pays traversés en deux roues et side-car avec femme et enfants. Après une série d’emplois dans la coutellerie comme polisseur, manutentionnaire, livreur, maquettiste ou conducteur de machines, il devient reporter offset au sein de la société Roannaise d’Imprimerie. 1993, il franchit une autre étape et reprend les rênes de Cartolux-Thiers, l’entreprise que son grand-père fonde en 1927. Le virus de l’entrepreneuriat est familialement inoculé : son grand-oncle, ouvrier à Thiers, part la même année en Chine comme fraiseur après avoir répondu à une petite annonce. Il devient patron de Pathé Marconi Chine puis de Pathé Marconi à Calcutta où il dirige une usine de 600 ouvriers. François Berry a donc de qui tenir. Top Clean Packaging, qu’il dirige, génère 20 millions € de chiffre d’affaires et emploie 250 salariés.

Voilà pourquoi cet homme est lauréat de La Victoire des Autodidactes, un prix créé en 1989 par le Harvard Business School Club de France (association des anciens élèves de la Harvard Business School) et co-organisé avec MAZARS (Groupe international d’audit et de conseil).

Un ADN frappé du sceau de l’entrepreneuriat

Dans un environnement économique et social dans lequel le diplôme est sacralisé et souvent présenté comme la seule porte vers l’emploi et le succès, ce prix montre que la réussite professionnelle est possible sans diplôme, en développant des valeurs d’ambition, de travail, d’effort, d’esprit d’équipe. François Berry porte cet ADN en lui. C’est un homme d’engagement, attaché à faire partager ses valeurs au sein de son entreprise, passionné, motivé et curieux de tout. Pragmatique, créatif et surtout bosseur, il s’est construit « sur le tas » dans le respect de valeurs humaines et sociales qui lui sont très chères. Son combat pour l’intégration des travailleurs handicapés en milieu industriel en est une très belle illustration. Prenant des risques là où les autres n’en prennent pas, il est conscient des quelques lacunes dues à une formation écourtée et a appris à bien s’entourer. Ecouter et analyser tout en restant force de proposition est pour lui un moyen simple  et redoutable de décrypter les attentes et les souhaits de ses clients. Sa curiosité, sa créativité, son sens du relationnel et du contact humain, et surtout, sa grande générosité, constituent  sa « marque de fabrique ».

Il est comme beaucoup de ces entrepreneurs autodidactes qui pensent à leurs copains restés à la Communale. Ils reconnaissent tous avoir eu beaucoup de chance même s’ils ne disent pas qu’ils font tout pour la solliciter. Leur message aux jeunes en difficulté est très clair : « on peut toujours réussir, même sans diplôme ». Leur vécu de l’image de la France à l’étranger tranche profondément avec l’idée que beaucoup s’en font dans la conjoncture actuelle. Etre entrepreneur français est une chance pour eux. « La France fait envie, elle se vend bien et fait beaucoup rêver, le prix ayant peu d’importance sur les marchés internationaux ». Leur force tient dans des évidences rares, de celles qui permettent de déplacer des montagnes : “aimer, apprendre à aimer et faire aimer”. Et pour avoir transcendé les barrières scolaires et sociales, nombreux sont ceux qui participent à des œuvres caritatives en remerciant ainsi la vie de ce qu’elle leur a donné.

Gilles Bouchard

Advertisements

Comments are closed.