René Burgermeister – Portrait d’un autodidacte entrepreneur de Franche Comté-Bourgogne

Lauréat 2011 des Victoires des Autodidactes, ce Compagnon du Devoir n’a que son Bac et c’est justement pour cette raison qu’il a reçu à l’Hôtel de Lassay – résidence du président de l’Assemblée Nationale – cette prestigieuse distinction qui a pour objet de faire reconnaître et d’honorer les performances réalisées par des chefs d’entreprises ou des dirigeants qui n’ont pas bénéficié de l’enseignement supérieur.

14 millions € au bout d’un parcours atypique

Né en 1952 à Mulhouse, il obtient son bac F1 quelques années plus tard et rejoint les Compagnons du Devoir. Conducteur de travaux en 1971, il continue d’en cultiver les valeurs de partage, de rencontres et de goût de l’effort. Chef d’une agence de négoce de matériaux 7 ans plus tard à Besançon, il revient en Alsace en 1985 et devient en 2003 Directeur régional d’un groupe européen de distribution de matériaux. Fort de son expérience des chantiers et de la distribution de matériaux, il rachète en 2004 une société spécialisée dans les portails et clôtures en aluminium et en bois. Jardimat réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 14 millions € et emploie 90 salariés.

Voilà pourquoi cet homme est lauréat de La Victoire des Autodidactes, un prix créé en 1989 par le Harvard Business School Club de France (association des anciens élèves de la Harvard Business School) et co-organisé avec MAZARS (Groupe international d’audit et de conseil).

Un ADN frappé du sceau de l’entrepreneuriat

Dans un environnement économique et social dans lequel le diplôme est sacralisé et souvent présenté comme la seule porte vers l’emploi et le succès, ce prix montre que la réussite professionnelle est possible sans diplôme, en développant des valeurs d’ambition, de travail, d’effort, d’esprit d’équipe. René Burgermeister porte cet ADN en lui. C’est un homme d’engagement, attaché à faire partager ses valeurs au sein de son entreprise, passionné, motivé et curieux de tout. Pragmatique, créatif et surtout bosseur, il s’est construit « sur le tas » dans le respect de valeurs humaines qui lui sont très chères. Prenant des risques là où les autres n’en prennent pas, il est conscient des quelques lacunes dues à une formation écourtée et a appris à bien s’entourer. Ecouter et analyser tout en restant force de proposition est pour lui un moyen simple  et redoutable de décrypter les attentes et les souhaits de ses clients. Sa curiosité, sa créativité, son sens du relationnel et du contact humain, et surtout, sa grande générosité, constituent  sa « marque de fabrique ». Sa devise, qu’il emprunte à Michelet, est significative de son état d’esprit : « Le difficile n’est pas de monter, mais, en montant, de rester soi ».

Il est comme beaucoup de ces entrepreneurs autodidactes qui pensent à leurs copains restés à la Communale. Ils reconnaissent tous avoir eu beaucoup de chance même s’ils ne disent pas qu’ils font tout pour la solliciter. Leur message aux jeunes en difficulté est très clair : « on peut toujours réussir, même sans diplôme ». Leur vécu de l’image de la France à l’étranger tranche profondément avec l’idée que beaucoup s’en font dans la conjoncture actuelle. Etre entrepreneur français est une chance pour eux. « La France fait envie, elle se vend bien et fait beaucoup rêver, le prix ayant peu d’importance sur les marchés internationaux ». Leur force tient dans des évidences rares, de celles qui permettent de déplacer des montagnes : “aimer, apprendre à aimer et faire aimer”. Et pour avoir transcendé les barrières scolaires et sociales, nombreux sont ceux qui participent à des œuvres caritatives en remerciant ainsi la vie de ce qu’elle leur a donné.

Gilles Bouchard

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