Victor Faramia – Portrait d’un autodidacte entrepreneur du Sud-Est

Lauréat 2011 des Victoires des Autodidactes, il n’a que son CAP de conducteur routier et c’est justement pour cette raison qu’il a reçu à l’Hôtel de Lassay – résidence du président de l’Assemblée Nationale – cette prestigieuse distinction qui a pour objet de faire reconnaître et d’honorer les performances réalisées par des chefs d’entreprises ou des dirigeants qui n’ont pas bénéficié de l’enseignement supérieur.

11 millions € au bout d’un destin atypique

Victor Faramia est né en juin 1959 dans une famille modeste du quartier de l’Estaque, à Marseille. Davantage passionné par le sport que par ce qui se passe sur les bancs de l’école, sa mère lui recommande le métier de boucher « au moins tu ne mourras pas de faim », son père lui conseillant plutôt de s’orienter vers le secteur du transport. Il passe donc son CAP de conducteur routier et devient chauffeur-livreur jusqu’à 21 ans, l’âge requis pour créer une entreprise, le rêve de son enfance. 1981, il crée sa première « boîte » avec trois copains d’enfance. Après trois ans d’activité, des impayés le contraignent à stopper. Fortement endetté, il repart tout seul et crée une entreprise de logistique frigorifique sous température dirigée. Au volant de son camion jour et nuit, il parvient à rembourser ses dettes, soutenu indéfectiblement par son épouse qui s’occupe de l’administratif en dehors de ses heures de bureau. 1986, trois triplets propulsent d’un seul coup le couple au rang de famille nombreuse… avec à la clé la nécessité impérative d’augmenter le chiffre d’affaires. 1989, il gagne un appel d’offre pour le Groupe Picard Surgelés et c’est la spirale du développement qui s’enclenche. NJS FARAMIA (un sigle qui reprend les initiales de ses trois enfants), compte aujourd’hui 120 salariés, gère 6 sites de transport et dégage un chiffre d’affaires de 11 millions €.

Voilà pourquoi cet homme est lauréat de La Victoire des Autodidactes, un prix créé en 1989 par le Harvard Business School Club de France (association des anciens élèves de la Harvard Business School) et co-organisé avec MAZARS (Groupe international d’audit et de conseil).

Un ADN frappé du sceau de l’entrepreneuriat

Dans un environnement économique et social dans lequel le diplôme est sacralisé et souvent présenté comme la seule porte vers l’emploi et le succès, ce prix montre que la réussite professionnelle est possible sans diplôme, en développant des valeurs d’ambition, de travail, d’effort, d’esprit d’équipe. Victor Faramia porte cet ADN en lui. C’est un homme d’engagement, attaché à faire partager ses valeurs au sein de son entreprise, passionné, motivé et curieux de tout. Pragmatique, créatif et surtout bosseur, il s’est construit « sur le tas » dans le respect de valeurs humaines et sociales qui lui sont très chères. Prenant des risques là où les autres n’en prennent pas, il est conscient des quelques lacunes dues à une formation écourtée et a appris à bien s’entourer. Ecouter et analyser tout en restant force de proposition est pour lui un moyen simple  et redoutable de décrypter les attentes et les souhaits de ses clients. Sa curiosité, sa créativité, son sens du relationnel et du contact humain, et surtout, sa grande générosité, constituent  sa « marque de fabrique ».

Il est comme beaucoup de ces entrepreneurs autodidactes qui pensent à leurs copains restés à la Communale. Ils reconnaissent tous avoir eu beaucoup de chance même s’ils ne disent pas qu’ils font tout pour la solliciter. Leur message aux jeunes en difficulté est très clair : « on peut toujours réussir, même sans diplôme ». Leur vécu de l’image de la France à l’étranger tranche profondément avec l’idée que beaucoup s’en font dans la conjoncture actuelle. Etre entrepreneur français est une chance pour eux. « La France fait envie, elle se vend bien et fait beaucoup rêver, le prix ayant peu d’importance sur les marchés internationaux ». Leur force tient dans des évidences rares, de celles qui permettent de déplacer des montagnes : “aimer, apprendre à aimer et faire aimer”. Et pour avoir transcendé les barrières scolaires et sociales, nombreux sont ceux qui participent à des œuvres caritatives en remerciant ainsi la vie de ce qu’elle leur a donné.

Gilles Bouchard

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