Voyage au centre d’une Jeune Entreprise Innovante (2ème partie)

Sans validation par le marché, l’innovation n’existe pas.

Comme le souligne OSEO dans son étude précitée « Dix ans de création d’entreprises innovantes en France », la Création d’une Entreprise Innovante est une création ex nihilo, dont près de 1 sur 5 provient d’un essaimage. Elle est orientée vers les marchés professionnels (B to B) de biens et de services et plus de la moitié vise d’emblée les marchés internationaux pour diffuser son innovation.

Dans le cas de Pumpart System (voir 1ère partie de l’article), le B to B et l’international constituent un passage obligé lorsque l’on a pour objectif d’industrialiser et de commercialiser à grande échelle un nouveau type de packaging répondant aux besoins de secteurs aussi divers que la cosmétique ou l’alimentaire. Un passage obligé qui repose sur une série de sous-jacents.

Disposer d’un environnement industriel et compétitif porteur

Dans le cas d’espèce, la France est un véritable tremplin vers l’international : 1er exportateur mondial de produits cosmétiques, 1er pays pour l’innovation en plasturgie et packaging, trois pôles de compétitivité de rayonnement mondial.

Opérer sur un marché large, diversifié et en forte croissance

Le marché des tubes plastiques “airless” est estimé à 3 milliards d’unités par an, soit plus de 800 millions d’euros. Avec une croissance de 15% par an du marché des packagings « airless », c’est un marché cumulé de plus de 4 milliards € sur 5 à 7 ans qui est adressé au-travers de clients quirelèvent exclusivement du B to B : les marques de la cosmétique et de la santé  et les grands fabricants de packaging.

Avoir des ambitions de développement solides et mesurées

Plusieurs millions de tubes fabriqués et vendus par an, 1 à 2 accords de licences signés par an. C’est un rythme de croissance volontariste dont les principaux facteurs clés de succès sont de véritables guides d’action : maturité du processus de production à grande échelle (cadence, flexibilité, qualité), dynamisme du licensing, développement international au-travers d’un réseau de revendeurs et de prescripteurs, investissement continu dans la Propriété Intellectuelle, sans oublier une communication intense.

Se doter d’un modèle industriel et commercial robuste

Le modèle industriel privilégie la sous-traitance et les partenariats, afin de réduire les frais fixes et de conserver une grande agilité.

Quant au modèle commercial, il repose sur deux modes de vente : vente directe de packaging aux marques de la cosmétique et de la santé, vente indirecte de licences d’exploitation aux grands fabricants de conditionnements.

Mesurer ses risques pour s’adapter en permanence

Une telle organisation suppose inévitablement de pouvoir mesurer ses risques en s’adaptant en permanence à des risques éventuels de retard dans la mise en œuvre du processus de production à grande échelle, ou d’allongement des cycles de décision des prospects et des grandes marques.

Mobiliser tous les acteurs de son écosystème

C’est en premier lieu travailler étroitement avec les acteurs en amont et en aval de la chaîne de conditionnement.  Il s’agit en particulier des fournisseurs de composants, des remplisseurs et des fabricants de machines de remplissage.

C’est ensuite communiquer et exposer son innovation dans les salons professionnels. Salon de l’innovation packaging pour la cosmétique, Salon des acteurs de la pharmacie et bien d’autres salons spécialisés. Et solliciter bien sûr les médias, leaders d’opinion et la presse spécialisée.

C’est également bénéficier du soutien d’organismes reconnus pour renforcer ses sources de financement durant les premières années d’activité. Comme dans les biotechnologies, le haut de bilan est primordial ainsi que les aides publiques tant que l’autofinancement reste négatif. Dans le cas de Pumpart System, cet appoint n’est pas négligeable jusqu’à l’atteinte du point d’équilibre cette année : prêt d’honneur de 60 K€ de Scientipôle Initiative dont il est lauréat, prêt d’honneur de 40 K€ et accompagnement de grands professionnels pendant les premières années de développement dans le cadre du Réseau Entreprendre dont il est également lauréat, subvention d’Oseo de 30 K€ à la suite du Concours National de la Recherche, catégorie Emergence Ile-de-France.

C’est enfin mobiliser ses actionnaires par expertises : professionnels de la Santé, experts en innovations technologiques, industriels. Toutes catégories qui devraient bénéficier d’un retour sur investissement dans les trois à cinq ans et d’une sortie qui pourrait se réaliser vers un grand fabricant de packagings, un groupe cosmétique / pharmaceutique ou un fonds d’investissement.

Un itinéraire bien  balisé par lequel on mesure toute la nécessité qu’il y a de laisser la place qui leur revient aux acteurs de l’innovation et de la création de valeur. A condition, naturellement, que l’action des Pouvoirs Publics joue son rôle pleinement, simplement… et exclusivement dans deux directions :

  • promouvoir un environnement législatif, fiscal et financier favorable aux entrepreneurs, par la création de dispositifs favorisant l’interaction entre acteurs scientifiques, techniques, industriels et commerciaux,
  • favoriser la réalisation – dans le cadre international – d’objectifs stratégiques nationaux de long terme (compétitivité, croissance, création d’emplois, indépendance, attractivité).

Ni plus, ni moins.

Gilles Bouchard

Harvard Angels France


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