Prestodiag distingué par le MIT comme l’une des 10 startups françaises les plus innovantes

Quel industriel ne rêverait-il pas de maîtriser ses risques financiers tout en allongeant la durée de commercialisation de ses produits ?

La solution est tout simplement là avec Prestodiag, créée en mars 2012. Une startup de pointe du Bio Tech, lancée par l’ex-cofondateur de GenOptics (rachetée en 2009 par le groupe Japonais Horiba, spécialisé dans le contrôle de qualité industriel) et de DermOptics (revendue en 2005 à Quantel SA, expert du laser à fibre pour le marquage et la traçabilité). Un « track-record » qui se suffit à lui-même.

Maîtrise des risques

Prestodiag conçoit, développe et commercialise un système de détection rapide de bactéries pathogènes pour les secteurs de l’agroalimentaire et du médical. Concrètement, il s’agit un lecteur optique et de kits consommables dédiés à l’analyse des bactéries. Un condensé de technologie permettant, avec un nombre réduit de manipulations, de délivrer des résultats en quelques heures au lieu d’un à trois jours. Les délais d’obtention des résultats d’analyses microbiologiques sont en effet essentiels pour les industriels de l’agroalimentaire dont l’une des préoccupations essentielles est de maîtriser leurs risques sanitaires. C’est tout particulièrement le cas pour les aliments à durée de vie limitée tels que les viandes hachées ou les produits laitiers. A titre d’exemple, 1ml de lait renferme à l’état naturel environ 1000 bactéries. Au bout de 24 heures, ce ml de lait – livré à lui-même sans procédé de conservation – peut voir son nombre de bactéries passer à 18.000 à une température de 13°, 450.000 à 20° et 1.400.000.000 à 30° ! Autant dire qu’il faut faire vite et prendre un maximum de précautions pour pouvoir, non seulement répondre à des obligations réglementaires très strictes, mais également maîtriser des risques sanitaires et économiques qui peuvent être dévastateurs. C’est le cœur d’expertise de Prestodiag dont la technologie permet de s’assurer de l’absence de plusieurs espèces pathogènes dans un même échantillon.

Transformation de la chaîne de valeur

Certains remontent la chaîne de valeur de leur industrie pour en concentrer la valeur technologique en amont. D’autres en accélèrent  les processus pour en concentrer la valeur commerciale en aval. Le résultat est le même : créer de la valeur par transformation de l’agencement, du contenu ou de la souplesse des maillons de la chaîne. Premier cas de figure : l’« Active Wheel » de Michelin, une roue intégrant un moteur électrique destiné à propulser une voiture. Le simple pneu est transformé en une roue complète intégrant non seulement un système de liaison au sol et de freinage, mais également un système de motorisation et de récupération d’énergie. Loger un moteur dans les roues, il fallait y penser ! Surtout lorsque cela rend ainsi inutiles embrayage, arbre de transmission et différentiel tout en dégageant de l’espace dans l’habitacle. Deuxième cas de figure, peut-être de moindre envergure, mais tout aussi intéressant : la solution Prestodiag. Une technologie permettant de détecter dans des délais très courts et de façon simultanée plusieurs bactéries pathogènes différentes. C’est la création d’une réaction en chaîne sur toutes les étapes permettant à une industrie agroalimentaire de renforcer en aval ses marges et ses avantages concurrentiels en allongeant les délais de commercialisation de ses produits. Les effets peuvent être considérables en termes de logistique et de sources d’approvisionnement, de processus de production et de circuits de distribution, sans oublier l’impact en matière de Responsabilité Sociale et Environnementale. Autrement dit, un procédé innovant à même de transformer  en profondeur la chaîne de valeur de puissantes industries.

Business model et équipe de choc

Avec 20.000 à 70.000 tests par an pour un groupe agroalimentaire, le modèle est simple et puissant : vente ou location de lecteurs optiques et vente récurrente de kits consommables à usage unique. De quoi soutenir une croissance forte en France, qui est le plus gros marché européen, puis en Europe et dans le monde à partir de 2014. En tout juste quelques mois d’existence, cette belle startup a été lauréate du concours OSEO/MESR, lauréate de Scientipôle Initiative. Elle bénéficie par ailleurs du label « Entreprise Innovante des Pôles » et d’un soutien appuyé du Commissariat à l’Energie Atomique avec lequel un accord de licence exclusive est en cours de signature. Pour mener à bien l’exécution de ce développement, une jeune équipe de choc emmenée par Thibault Mercey, 34 ans, un double cursus ingénieur SupOptique et MBA London Business School et déjà deux réussites entrepreneuriales dans les Sciences de la Vie et le développement de dispositifs médicaux. Autour de lui, trois cofondateurs d’excellence : Félix Piat, Chef de projet Microbiologie de 24 ans issu de l’AgroParisTech et qui a fait ses preuves dans des groupes renommés, David Carrara, Chef de Projet Optique et Instrumentation de 26 ans, docteur en électronique et communication et Thierry Livache, 47 ans, Expert des microsystèmes pour la biologie qui a passé 10 ans dans l’industrie du diagnostic et 10 ans dans la Recherche, ex-cofondateur de GenOptics). De quoi susciter l’intérêt de grands groupes de la microbiologie industrielle à l’affut d’équipes porteuses de technologies très  innovantes : les Bio Mérieux, Merck-Millipore et autres 3M.

Gilles Bouchard – VP Harvard Angels France

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